Les apnées du sommeil

Contenu publié le : 6 janvier 2009 et modifié le: 9 juillet 2018

« C’était il y a une quinzaine d’années. Parce que depuis pas mal de temps je savais que je m’arrêtais de respirer lorsque je dormais – du moins, on me l’avait dit -, parce qu’au lever j’avais l’impression d’être plus fatigué qu’au coucher et que cela empirait, parce que des envies pressantes entrecoupaient ce sommeil non réparateur, parce qu’à force d’écouter ou de lire des infos sur ce sujet j’avais fini par comprendre, j’ai téléphoné à un centre du sommeil.
J’ai donc demandé la marche à suivre par un supposé apnéiste en chambre. Un questionnaire en retour, puis une convocation dans la foulée. Une décision tout aussi rapide du spécialiste de me prescrire et de m’équiper d’une CPAP, de quoi assurer « une ventilation spontanée en pression positive continue ». Sur place, sur le champ. Là, j’avoue que, même préparé, je me suis trouvé un temps désemparé. Il fallait se faire à l’idée désagréable de passer une partie de vie connecté à une machine.
« SAS », royal comme appellation. Son Apnée Sérénissime ? Non. Un petit côté espion ? Non plus. Syndrome d’apnées du sommeil, bingo ! Tu l’as.
– Vous ne manquez pas d’air !
– Eh bien si, justement. »

H.F, un patient apnéique

Le diagnostic de syndrome d’apnées est souvent posé avec retard car ses symptômes sont insidieux, pas toujours perçus par le dormeur, mais souvent plus inquiétants pour l’entourage, témoin de ce sommeil bruyant et agité. Bien connaître sa maladie, son évolution, les traitements possibles, est fondamental pour contrôler sa maladie et retrouver une respiration normale au cours du sommeil.

Nous faisons tous des apnées au cours du sommeil. On parle de syndrome d’apnées du sommeil car le nombre d’apnées par heure devient important et s’accompagne de symptômes. Ainsi il faut plus de  5 apnées ou hypopnées par heure de sommeil, associé à d’autres signes :

– soit une somnolence pendant la journée qui n’est pas expliquée par autre chose (notamment une insuffisance de sommeil, la prise de médicament sédatif, ou  certaine forme de dépression qui entraine une somnolence fluctuante).

– soit deux symptômes parmi les suivants: ronflement sévère et quotidien, sensations d’étouffement ou de suffocation pendant le sommeil, éveils répétés pendant le sommeil, sommeil non réparateur, fatigue pendant la journée, difficultés de concentration, plusieurs levers pour uriner en cours de nuit (on parle alors de « nycturie »).

Au-delà  de 30 apnées-hypopnées par heure, le syndrome d’apnées du sommeil est sévère, et nécessite absolument un traitement.   Il est modéré de 15 à 30 apnées-hypopnées par heure, et léger de 5 à 15 apnées-hypopnées par heure. La nécessité de traiter pour un index d’apnées du sommeil au dessous de 30/h dépend du contexte et des symptômes associés.

Définition des apnées et des hypopnées

Une apnée est définie comme la cessation complète du flux d’air entrant dans les poumons pendant un minimum de 10 secondes.

La définition d’une hypopnée est plus floue néanmoins tous les experts sont d’accord pour dire qu’il s’agit d’une inspiration au cours de laquelle il y a une réduction du passage de l’air pendant au moins 10 secondes, avec un effort respiratoire associé qui traduit la lutte que doit faire le dormeur pour faire pénétrer l’air dans les poumons. Elle correspond donc à une fermeture partielle des voies aériennes.

Différents types d’apnées

Selon que les apnées sont liées à un blocage de l’air ou un défaut de la commande nerveuse des muscles inspiratoires on parle d’apnées obstructives ou d’apnées centrales. Il peut y avoir des apnées mixtes qui commencent comme une apnée centrale et qui se terminent comme une apnée obstructive.

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