Des troubles plus fréquents avec le vieillissement

Contenu publié le : 26 janvier 2009 et modifié le: 16 octobre 2020

 

Quels signes doivent vous alerter ?

  • “Je suis fatigué dès le réveil”
  • “Je ne suis pas en forme dans la journée, et pourtant je n’ai pas changé mes habitudes de sommeil”
  • “Je suis fatigué, irritable, j’ai mal à la tête… je lutte contre le sommeil toute la journée”
  • “On me dit que je ronfle et que je m’arrête de respirer”
  • “Il paraît que je bouge, je crie, je gesticule au cours de mon sommeil”

 

Se réveiller plus tôt est fréquent chez les personnes âgées

L’avance de phase : un sommeil décalé trop tôt !
L’endormissement survient très tôt le soir vers 21 heures ou 21 heures 30… Mais le réveil se produit également très tôt ! À 4 ou 5 heures du matin, plus possible de dormir. La plainte ressemble alors à celle des patients ayant une insomnie avec impossibilité de se rendormir en fin de nuit. Des hypnotiques sont alors très souvent prescrits sans améliorer les nuits le plus souvent, mais en baissant souvent la vigilance du lendemain…

Ce genre de trouble n’est pas pathologique. Il est fréquent chez les gens âgés, et le sommeil joue son rôle récupérateur. Certaines astuces peuvent vous aider soit à le vivre mieux, soit à recaler un peu le sommeil.

Il est en tout cas inutile de rester au lit. Essayez de vous trouver des activités plaisantes pour un début de journée dynamisant avant tout le monde, ou bien tentez de vous recaler progressivement en retardant votre heure de coucher, ce qui décalera naturellement celle du réveil… La lumière forte le soir peut vous aider dans cette délicate entreprise…

 

Les apnées du sommeil

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De nombreuses circonstances peuvent amener à les rechercher :

−    Ronflements gênant le conjoint, parfois très sonores

−    Somnolence dans la journée

−    Troubles de la mémoire

−    Maux de tête au réveil

−    Hypertension artérielle inexpliquée ou résistante aux traitements

−    Troubles du rythme cardiaque…

Cette pathologie toucherait 25 % des plus de 65 ans en moyenne…

Un simple examen du sommeil permet d’en faire le diagnostic : la polygraphie ventilatoire, souvent réalisée à domicile par un médecin spécialiste du sommeil, un pneumologue ou un ORL…

Il existe des pauses respiratoires pendant le sommeil, le plus souvent en lien avec une obstruction des voies respiratoires liée à différents facteurs : la position couchée, la détente des muscles pendant le sommeil… Quand le sommeil est très morcelé on fera une polysomnographie plus complète car elle permet de détecter les stades du sommeil.

Les pauses respiratoires entraînent une baisse de l’oxygénation du sang et une souffrance de nombreux organes dont le cœur. Elles sont également la cause d’éveils répétés, parfois très brefs et non perçus. D’où une désorganisation du sommeil qui concoure à l’aggravation des conséquences. Une consultation médicale s’impose car des traitements existent.

 

Le syndrome des jambes sans repos

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« Le soir, je suis très gêné par des sensations désagréables dans les jambes (parfois dans les bras) qui m’empêchent de m’endormir et m’obligent à marcher », « La nuit, je suis réveillé par le besoin impérieux de marcher »

Le syndrome des jambes sans repos est une maladie neurologique qui touche 4% de la population française.

Ce sont des sensations désagréables (parfois crampes, fourmis, chaleur excessive) aggravées par le repos, et la position couchée, obligeant la personne à bouger ses jambes.

Dans les cas sévères, les répercussions sur le sommeil peuvent être importantes.

Des traitements existent et permettent la restauration d’un sommeil efficace.

 

Les troubles au cours du sommeil paradoxal

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« Il paraît qu’en plein sommeil, je me suis mis à me battre avec quelqu’un… »

Avec l’âge des mouvements au cours du sommeil peuvent apparaître au point d’être envahissants… pour l’autre ! Ces mouvements sont parfois très complexes : notamment avec des mouvements répétitifs des bras, de pédalage des jambes, de sauts hors du lit, avec ou sans cris… Ces troubles touchent surtout les hommes. Ils sont liés à une maladie neurologique qui entraîne une lésion des zones du cerveau responsables habituellement de la paralysie qui existe normalement au cours du sommeil paradoxal. De ce fait, tout se passe comme si la personne vivait son rêve, éventuellement avec un comportement violent ; le patient n’ayant pas conscience que la personne qu’il agresse en réalité est peut-être son épouse ! Au réveil, il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant la nuit.

Évidemment une consultation s’impose en milieu spécialisé…

 

L’insomnie : dépression, angoisse de la solitude, de la mort, ou secondaire à d’autres maladies (cardiaques, respiratoires, rhumatismales)

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« Je ne ferme pas l’œil de la nuit »

L’insomnie est un mauvais sommeil nocturne qui se manifeste essentiellement par des difficultés d’endormissement, de maintien du sommeil ou une sensation de sommeil non réparateur. Elle est en général associée à une baisse de la vigilance, des difficultés de concentration, une fatigue ou une irritabilité. C’est le trouble le plus fréquent parmi les pathologies du sommeil.

Elle toucherait en France 40 % des sujets de plus de 75 ans.

Elle peut exister depuis de longues années, et donc avoir les mêmes causes qu’auparavant (en savoir plus sur les insomnies chroniques).
Mais elle peut aussi apparaître avec l’âge ; il faut alors comprendre ce qui se passe.

Il faut rechercher des modifications des habitudes avec changement du rythme de vie, et des conditions de sommeil. Toute modification des rituels de coucher fixés au fil des années peut être à l’origine de difficultés d’endormissement marquées. C’est particulièrement vrai en cas d’hospitalisation ou d’emménagement dans une maison de retraite. Un agenda du sommeil est très utile pour préciser les habitudes de sommeil.

Les causes peuvent être :

  • Tout ce qui provoque des douleurs (rhumatisme, polynévrite, douleurs cardiaques ou digestives, douleurs osseuses…) ou qui entraîne une toux nocturne (asthme, reflux gastro-oesophagien…).
  • Liées à une maladie : maladies cardiaques (troubles du rythme…), respiratoires (asthme, bronchite chronique…), dérèglements thyroïdiens, besoins fréquents d’uriner. Certaines maladies dégénératives neurologiques peuvent être associées à une insomnie, le système de régulation du sommeil étant touché ; c’est parfois le cas de la maladie de parkinson, ou encore la maladie d’Alzheimer.
  • Côté médicaments, les traitements par corticoïdes sont de grands pourvoyeurs d’insomnie à tout âge, mais d’autres produits comme certains médicaments pour le cœur, ou des antidépresseurs ont aussi cet effet.
  • Une dépression ou une anxiété importante liée à une séparation, un deuil, des conflits familiaux ou encore la solitude peuvent être responsables d’insomnie.

En cas d’insomnie rebelle ou de retentissement diurne majeur, il faut envisager la réalisation d’un enregistrement du sommeil à la recherche d’une pathologie du sommeil : apnées du sommeil, syndrome des jambes sans repos ou mouvements périodiques nocturnes.

 

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