L’adolescent

Contenu publié le : 6 janvier 2009 et modifié le: 26 mars 2016

Communication au Congrès du sommeil 2014

Entre 14 et 18 ans, un adolescent est de plus en plus autonome. Paradoxalement, il cherche à se libérer de l’environnement familial tout en restant dépendant. L’influence de ses amis est de plus en plus forte. Les habitudes des groupes d’amis font aussi évoluer son comportement.


L’influence du cadre de vie

Avoir une chambre à soi est idéal, mais il arrive de devoir la partager avec un frère ou une sœur dont le rythme de vie est parfois différent, ce qui pose évidemment problème. La maison et les bruits environnants ont également une influence : le sommeil n’est plus réparateur parce que les réveils sont fréquents. Une musique trop forte ou trop de bruit dans d’autres pièces de la maison sont autant de facteurs qui retardent l’heure du sommeil.

Si la température de la chambre est trop élevée, elle perturbe la qualité du sommeil. Des activités sportives ou des jeux trop tardifs le soir stimulent et excitent. Ils élèvent la température du corps, ce qui retarde l’heure d’endormissement.


Les activités du soir

De nombreuses études ont été menées sur l’impact négatif de la télévision lorsqu’elle est regardée trop tard le soir. Avec une exposition d’au moins 3 heures par jour vers 14 ou 16 ans, il y a un risque d’apparition de troubles du sommeil dans les années qui suivent. Par conséquent, le temps de sommeil diminue et les résultats scolaires aussi. Si le temps passé devant la télévision diminue pour atteindre une heure ou moins, le risque de troubles du sommeil se réduit.

Une autre enquête, réalisée sur 2 546 garçons et filles de 13 à 16 ans, montre que les jeunes qui ont une télévision dans leur chambre (50 % des jeunes aux USA), vont se coucher plus tard le week-end et les jours d’école. L’enquête précise aussi que plus le temps passé devant la télévision est élevé, plus le niveau scolaire est faible.

Les adolescents équipés d’une télévision dans leur chambre courent donc un risque plus élevé de troubles du sommeil, de surpoids ou d’obésité. Enfin, il arrive qu’ils se comportent de façon agressive dans la journée.

Les mêmes effets sont constatés avec les jeux vidéo ou devant un ordinateur. Ce type d’activités n’est pas structuré, sans début et sans fin clairement définis, elles prennent beaucoup de temps, favorisent la sédentarité, elle-même connue pour déstructurer le sommeil. Par ailleurs, l’exposition à la lumière de l’écran juste avant le sommeil affecte le rythme veille/sommeil en supprimant la sécrétion de mélatonine.

Enfin, la lumière augmente le niveau d’activité et d’éveil, retarde l’endormissement et donc diminue le temps passé au lit. De sérieuses dettes de sommeil apparaissent alors. Il en va de même avec l’utilisation excessive des téléphones portables.

Le Réseau Morphée a mené en 2014 une enquête auprès de 776 collégiens.

Des collégiens franciliens ont rempli lors de travaux pratiques un questionnaire sur leurs habitudes de sommeil. L’enquête  a touché 776 jeunes allant de la 6ème à la 3ème, composé de 408 filles et 368 garçons. Les résultats sont inquiétants,  44 % des jeunes âgés de moins de 15 ans se couchent après 22h en semaine, et 10 % dorment 7h ou moins par nuit. Le temps passé devant les écrans en soirée, avant le coucher est important. Après le diner,  52,6 % des collégiens y passent plus d’une heure et 18,8% plus de 2h.   Envoyer des SMS (15% des jeunes) et se connecter à un réseau social (11%) en pleine nuit est un nouveau comportement. Pour ceux qui sont actifs la nuit 73,9% des jeunes profitent d’un éveil spontané pour se connecter sur leur portable, mais 21,6% l’organisent dès le coucher, avec 10,6% qui programment un éveil en cours de nuit.

Cette connexion au cours de la nuit, se fait essentiellement  via un smartphone ou une tablette. Se servir de son mobile pour répondre ou envoyer des SMS est certes tentant, surtout si le téléphone est en marche sur la table de nuit…  Mais le plus troublant est de constater que cette activité peut être programmée dès le coucher, pour un rendez-vous avec des amis, à l’insu des parents qui ignorent totalement cette vie nocturne. Cette vie sociale, affective, ludique qui est en train de s’installer la nuit chez nos ados altère  considérablement la physiologie du sommeil et entraîne des conséquences majeures sur la qualité de la journée suivante.

Pour 30% des répondants, le lever est extrêmement difficile, le matin, les jours de cours (note de 9 ou 10 sur une échelle de 10). Cela va de pair avec un coucher  de plus en plus tardif et une privation de sommeil pour 27% des ados (il leur manque au moins 2 heures de sommeil en période d’école, par rapport aux vacances ou aux jours de repos). Autre chiffre marquant, 23% des collégiens interrogés sont somnolents ou s’endorment en classe : c’est énorme! Les professeurs se plaignent à juste titre de la fatigue des élèves. Il faut vraiment que les parents prennent conscience des difficultés de leurs enfants, et les aident en leur donnant des consignes de coucher. On observe donc un empiètement de l’activité de plus en plus important sur le temps de sommeil, pourtant indispensable pour pouvoir récupérer et être efficace le lendemain. Cela est particulièrement préjudiciable à cette période de la vie où la personnalité se construit et où les apprentissages se mettent en place.

 

Les sorties

Sortir incite à se coucher tard, à dormir moins longtemps et moins bien. Les cigarettes, l’alcool ou le cannabis contribuent à déstructurer le sommeil et amplifient ce phénomène.

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