Comment se crée une insomnie psychophysiologique

Contenu publié le : 24 janvier 2009 et modifié le: 23 janvier 2010

La répétition d’une situation éveillante :

Imaginez que toutes les nuits, et plusieurs fois par nuit, quelqu’un (ou quelque chose) vous empêche de dormir ou vient vous réveiller pendant votre sommeil.

Lorsque la situation qui provoque cet éveil est anxiogène et se reproduit d’une manière répétitive, on aboutit au bout d’un certain temps à un endormissement difficile ou à un éveil qui se produit sans raison apparente.

En réalité, il est sous-tendu par des mécanismes subtils de conditionnement. Quand vous êtes confronté à une situation répétitive, votre cerveau « sait » que vous allez être réveillé, et il anticipe cet éveil. Ainsi quand vous vous couchez, le signal de sommeil a été remplacé par un signal d’éveil.

C’est une situation beaucoup plus courante qu’on ne le pense. C’est le cas des conjoints ou enfants qui s’occupent d’un parent très malade qui a besoin de soins au cours de la nuit. C’est le cas des mamans qui ont des enfants qui se réveillent toutes les nuits pendant de longs mois. C’est aussi le cas de certaines situations traumatiques.


Attention aux mauvaises habitudes !

Parfois c’est la personne elle-même qui désorganise son sommeil, par ignorance des mécanismes du sommeil ou par négligence.

Le sommeil obéit à des règles d’installation et d’organisation qui dépendent beaucoup du comportement de la personne. Ainsi en conditions normales, le besoin de sommeil n’est pas suffisamment important pour que le sommeil s’installe quelles que soient les circonstances.

Cette condition ne serait réalisée qu’au bout d’une privation complète de sommeil de près de 3 jours. Elle reste donc exceptionnelle. Beaucoup plus couramment on constate l’inverse : le corps donne des signaux de sommeil que la personne ignore car elle fait quelque chose qui stimule ses systèmes d’éveil.

C’est ce qu’il se passe lorsque vous sortez le soir tard, bien au-delà de votre heure de coucher, ou quand vous travaillez la nuit, ou encore lorsque vous devez faire face à un problème à régler en urgence. Si vous fonctionnez régulièrement à contretemps et que vous n’écoutez pas les signaux de sommeil que vous adresse votre organisme, vous risquez fort de rencontrer des difficultés d’endormissement.

D’autres personnes ne font pas attention à leur sommeil. Pour elles, dormir n’est pas une priorité, c’est une perte de temps. Il y a toujours mieux à faire que d’aller se coucher. Moyennant quoi leur rythme de vie est irrégulier, elles rentrent tard dans la soirée, font de nombreuses activités avant d’aller se coucher, passent des heures sur leur ordinateur… et s’étonnent de ne pas s’endormir sur le champ !

Il y a des règles à respecter pour dormir correctement. En particulier le coucher se prépare en privilégiant les activités de détente, calmes et agréables, pour favoriser la baisse progressive des systèmes d’éveil et la mise en route des systèmes de sommeil.


Un terrain particulier :

Lorsque l’on est d’un naturel anxieux, les pensées sont fréquentes au coucher.

Cette incapacité « à arrêter la machine », comme disent certains patients, relance les systèmes d’éveils. Parfois ce sont des pensées banales : liste des achats à prévoir, lettre à faire pour la maîtresse du petit dernier, réunion à préparer… Mais ce peut être une angoisse pathologique : peur de mourir au cours du sommeil, peur d’être agressé en dormant. Quelle qu’en soit la cause, l’anxiété ou l’angoisse est éveillante. Les mécanismes qui sous-tendent l’éveil et l’anxiété sont de même nature. Il est donc impossible de s’endormir quand on est angoissé. On comprend pourquoi ces situations conduisent souvent à une consommation excessive de médicaments. Seules de fortes doses d’anxiolytiques ou d’hypnotiques peuvent faire taire cette angoisse pour s’endormir enfin. Malheureusement cet effet est transitoire, c’est pourquoi d’autres thérapeutiques sont souvent nécessaires.

L’âge est à prendre en compte dans l’apparition d’une insomnie.

Naturellement le sommeil se fragilise avec l’âge. Il devient plus léger, plus fractionné, entrecoupé d’éveils qui peuvent atteindre physiologiquement une heure au cours de la nuit à partir de 50 ans. L’insomnie apparaît principalement entre 20 et 30 ans. C’est l’âge de l’entrée dans la vie, des choix professionnels, des concours à passer, de l’arrivée des premiers enfants. Toutes choses qui accroissent la responsabilité de l’individu et sont source de tensions ou d’anxiété. Après la cinquantaine, le nombre d’insomniaques augmente encore. C’est la période de la vie où la fréquence des maladies augmente. L’entrée dans la maladie est inquiétante en soi, mais elle est également source de douleurs ou de désagréments, et parfois d’un véritable handicap.

Les femmes sont toujours plus insomniaques que les hommes avec un rapport de deux femmes pour un homme. Ces différences apparaissent dès la puberté.

Une étude ayant trouvé que les plaintes devenaient identiques chez les personnes âgées, quel qu’en soit le sexe, il était tentant de penser que les hormones sexuelles étaient directement impliquées dans ces différences. Néanmoins, d’autres études continuent à trouver plus de femmes âgées insomniaques que d’hommes. Donc les hormones n’expliquent pas tout !

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